Programme « Expertise » du CoNiF

Exposé

Dans une large mesure, la diaspora constitue en soi un élément clé pour le développement de tout pays. En plus d’être un véritable grenier de compétences – multiples et variées – la diaspora est dotée non seulement d’une parfaite lecture de leur pays, mais aussi de celle du pays d’accueil. Toutefois, pour que cette diaspora puisse participer activement et efficacement au développement de son pays, il est important qu’il y ait une politique d’attrait et qui reste favorable au déploiement des différentes compétences. Dans cette optique, nous allons dans ce résumé nous limiter à la phase du réseautage des compétences de la diaspora nigérienne en France. Le travail consiste ici à mettre en relief les démarches que nous comptons effectuer pour élaborer une plate-forme desdites compétences, aussi les attentes que nous avons vis-à-vis de l’autorité compétente pour mener à bien ce projet d’action.

Salif BOUBE YACOUBA
Vice président chargé du conseil
scientifique et de l’expertise du CoNiF

Conseil des Nigériens de France (CoNiF)

La mise en place du CoNiF vise effectivement à résoudre la situation d’éparpillement de la diaspora nigérienne en France, aussi de favoriser la mise en exergue et l’enclenchement des actions qui rentrent dans le cadre du développement du Niger. Il n’est point à rappeler que l’Afrique constitue plus que jamais le continent de l’avenir parce que d’une part, ce continent est doté de ressources naturelles inestimables au point de susciter les convoitises, d’autre part il reste et demeure un des continents qui a un taux de croissance positif et plein d’optimisme. A l’instar de autres pays africains, le Niger occupe une place de choix dans les pays les mieux dotés en ressources naturelles à savoir : les ressources minérales – uranium, pétrole, or, l’eau du sous-sol pour ne citer que ceux-là – les ressources environnementales comme l’espace en question, le fleuve, les lacs et dallols, des zones cultivables, des plantes aux produits spécifiques comme la gomme arabique, le Anza etc , ressources humaines aux compétences variées.
A travers cette parenthèse, il appert que le Niger dispose des moyens adéquats qui lui permettent d’amorcer son développement et de se hisser au rang des pays les mieux cotés. Reste tout simplement à concilier les atouts naturels que dispose le pays aux compétences de ses fils. En effet, à l’intérieur du pays tout comme à l’extérieur, le Niger dispose des jeunes diplômés ou étudiants, des experts qualifiés dans tous les domaines. Singulièrement en France, qui est l’un des particuliers pays d’accueil des nigériens, le Niger dispose d’une diaspora qualifiée et capable d’apporter sa contribution dans le redressement du pays. Et pour établir la passerelle entre ladite diaspora et son pays, le CoNiF entend mettre en place une « banque d’expertise ». Cette dernière servira non seulement à faciliter la visibilité des expertises nigériennes, mais aussi à la mise à disposition des compétences nigériennes pour des projets de développement national.
Ainsi, nous allons présenter de manière synthétique cette « banque d’expertise ».

I. Établissement d’une plate-forme des Compétences des nigériens en France

I.1. Objectif

Il s’agit de faire une base de données qui permet de répertorier et de recenser les compétences des nigériens vivants en France. Cette base de données est rattachée à la « commission expertise ».

I.2. Méthode de recherche

Nous allons procéder par des correspondances avec les différentes associations, par des contacts individuels via la commission académique et expertise.

  • Recensement par association.
  • Chaque association membre du CoNiF fournira la liste de ces adhérent-e-s. Cette liste doit contenir le synopsis du parcours individuel desdits membres ainsi que leurs domaines d’expertises.
  • Les délégués régionaux vont se charger de recenser les personnes qui ne font pas partis des associations.

I.3. Mise à disposition de la plate-forme

La constitution de la base des données ne se limitera pas exclusivement à la question de visibilité, au-delà, elle vise aussi à créer les conditions de prise de contact et de la possibilité d’action.

  • Structuration
    De manière générale, la base des données sera – à l’interne – cloisonnée en des secteurs et des niveaux déterminés. Ce cloisonnement va faciliter le repérage, le réseautage et la visibilité des compétences requises. Il sera créé ainsi des pôles correspondants aux différents secteurs. Chaque pôle aura un référent qui d’une part prolongera le recensement, d’autre part, le réfèrent servira de relais entre le comité directeur du CoNiF et partenaires – par le canal de la commission qui est chargé de son secteur. Il sera chargé d’animer son équipe et de faire un compte-rendu périodique au responsable de sa commission de rattachement.
  • Rattachement
    La création des pôles va permettre d’obtenir un schéma qui va des secteurs au comité directeur du CoNiF, vice versa. Par ce schéma, nous adopterons une structuration de type sociocratique. Ce dernier favorisera l’échange, l’animation et l’avancement avec une participation effective de tous. A ce titre, en plus des passerelles entre pôles, nous allons accoter ces pôles à des projets d’actions afin qu’ils ne dépérissent sur et dans des projets théoriques et stériles.

II. Pérennisation du programme « expertise »

Faut-il le préciser, le programme ne doit pas se limiter à une simple action de recensement, il est nécessaire de l’inscrire dans une démarche globale. En effet, le Conseil des Nigériens de France entend renforcer la fédération, certes de manière horizontale c’est-à-dire servir de tremplin pour rapprocher les nigériens dans le présent, mais aussi assurer le déploiement d’une telle fédération dans le futur. Tel en est la raison d’être du programme d’accueil* et d’accompagnement des nouveaux arrivants – nigériens et nigériennes – en France.
Dans ce sens, le CoNiF entend mettre en place des dispositifs qui, dans un premier temps doit être accessible à toutes et à tous puis, dans un deuxième temps, prennent en compte toutes les singularités des nigériens vivants en France. Pour ce faire, nous tenons à fonder cette démarche primordiale sur deux principaux piliers.

  • Le premier pilier porte la structuration intrinsèque du projet d’action
    Il s’agit de développer une vision claire et distincte, cohérente et stimulante des priorités et les buts du programme « expertise » en question. L’objectif ici est de favoriser l’attrait des différents programmes d’action et de fédérer au maximum autour des réalisations concrètes.
  • Le deuxième pilier concerne l’implication des individualités
    Elaborer une vision limpide du programme d’action, c’est aussi amener chaque membre de la diaspora à se sentir concerné et avoir un esprit de confiance en lui-même. Pour mieux impliquer les individualités, le CoNiF propose une stratégie comme suit :

– Imprimer le programme « expertise » dans un rythme soutenu avec un suivi régulier.
– Une planification des tâches : ressources, partage des responsabilités, échéanciers, etc.
– Participation des nigériens de la diaspora au processus de décision du programme expertise.
– Elaboration d’un plan de communication en lien avec ledit programme.
– Flexibilité du processus d’implantation du programme expertise afin de permettre des ajustements.
– Mettre en place un mécanisme qui permet de prévenir et de gérer les possibles problèmes et divergences de lectures entre les associés.

Attentes vis-à-vis des autorités compétentes

L’atteinte de notre objectif n’est possible qu’avec la disponibilité, l’accompagnement et la participation effective de l’autorité compétente. Sans pour autant nous confiner sur des requêtes qui sont, à la limite, redondantes à l’échelle des textes et autres mémorandum, nous n’allons pas demander l’impossible à ladite autorité. Nous pensons tout simplement regarder dans la même direction c’est-à-dire agir pour le développement du pays. Pour cette raison, nous allons – comme évoquer ci-dessus – attendre de l’autorité compétente non pas le recensement des compétences pour la destinée aux coffres des bureaux, mais un recensement qui s’inscrira dans le « texte de l’action ». Cela pour dire que nous allons ensemble crée une autre manière d’attirer le regard, d’intéresser et de motiver chaque nigérien de manière générale, en particulier chaque membre de la diaspora.
Pour ce faire, les premiers éléments de notre base des données doivent être sollicité et intégrer dans des projets d’actions qui sont en gestation au niveau du CoNiF. A titre illustratif, nous pouvons noter le projet oncologique, le projet de la création d’une classe préparatoire au Niger pour ne citer que cela. Dans l’esprit, notre base des données servira à créer le modèle d’une diaspora qui veut et agit pour le développement de son pays au même titre que les autres pays. Ainsi, en créant et valorisant un tel modèle de la diaspora nous pouvons aisément convaincre et mettre à jour continuellement les différentes bases des données – à l’échelle mondiale. En ce sens, nous effectuons la proposition suivante à l’autorité compétente.

I. Proposition du CoNiF à l’intention de l’autorité compétente.

Etant apolitique et apartisan, le Conseil des Nigériens en France entend oeuvrer pour la fédération de la diaspora nigérienne en France. Elle entend aussi mener des projets pour le rayonnement du Niger. Dans cette optique, le soutien de l’autorité compétente est nécessaire pour l’accompagnement de nos actions. Le soutien que nous évoquons dans ce contexte doit être d’ordre pratique et matériel.

I.1. Le soutien pratique
Sur le plan pratique, le CoNiF espère la disponibilité sincère et déterminée des représentants de l’autorité compétente. Cette disponibilité se traduit dans et par la présence physique et psychologique, la prompt réaction, la participation effective dans les projets d’actions ainsi que le souci d’efficacité et de suivi. Aussi une orthodoxie inébranlable dans l’accueil, l’accompagnement, l’évaluation, la critique, l’autocritique objective et le souci de pérenniser les projets d’actions qui sont validés de commun accord entre lesdits représentants et le CoNiF.

I.2. Le soutien matériel
Sur le plan matériel, le CoNiF – étant nouvellement mis en place – ne dispose pas d’une capacité considérable afin de porter de manière unilatérale des projets d’envergures. C’est pour cette raison que nous attendons de la part de l’autorité compétente une facilitation de nos actions.

  • Mise à disposition des moyens de transport afin de faciliter des actions de dons qu’ambitionnent les membres de la diaspora.
  • Créer une instance qui recense et accompagne les projets d’entreprises des membres de la diaspora.
  • Participer au financement – dans la mesure du possible – des projets d’actions du Conseil des Nigériens de France.
  • Accompagner, accréditer et valoriser nos projets auprès des partenaires.

Conclusion

Comme le soutient notre programme d’action, le Conseil des Nigériens de France constitue un partenaire incontournable et fiable pour l’autorité compétente. En étant l’instance fédératrice des nigériens et des nigériennes en France, le CoNiF est aussi un facilitateur non seulement du recensement de la diaspora, mais aussi et surtout de la valorisation de leurs compétences par l’action concrète et féconde au Niger. A cet effet, nous saluons l’intérêt que l’autorité compétente accorde à notre Conseil tout en espérant travailler main dans la main, afin de soulever au plus haut l’étendard de notre chère nation.

* Ce programme est porté par la commission scientifique en partenariat avec l’Association les Berceaux de la Francophonie (ABeFie)

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